On prend une feuille et un crayon. On tombe à genoux. On pousse d'une coup de main, le tas de linge qui depuis plusieurs semaines, s'accumule. On ouvre le tiroir, pour y sortir Trois bougies. On les pose à terre, à côté du papier, et on les allume. On éteind la lumière. On les regarde un instant, oubliant tout et s'amusant de voir vacciller la flamme, au rythme de notre respiration. Puis on s'arrete brusquement, le souffre court, se rappelant du mal intérieur. Alors on prend le stylo, on l'ouvre d'un coup de dent, envoyant par la même occasion valser le capuchon. On gribouille sur le papier, des mots, des phrases, dans l'espoir vague de se vider. Des mots que l'on bacle et que l'on arrivera peut être même plus à lire demain. Mais on s'en fiche, on n'y pense pas. Demain est trop loin, et au point où l'on en est, on n'est même plus sur d'y arriver. C'est une chose encore floue, quelque chose que l'on a pas vraiment envie de connaître. Et puis on se sent vide, creux, comme si gratter cette feuille avait constitué un effort ultime, avant la fatalité. On n'a plus rien à dire, à écrire. On n'a plus qu'à rire, à pleurer, à hurler. Alors on jette le stylo, que l'on retrouvera plus tard, on souffle les flammes, on déchire le papier, on se glisse sur le sol, on se calle contre le mur, on laisse aller les larmes, de haine, de rage ou de désespoire, sans même savoir pourquoi, en attendant qu'on s'endorme..
A jamais .. ?